Messe du caté à Habay-la-Vieille

Hachy

Hachy : paroisse Saint Amand

 

Intentions du mois en cours

La bénédiction de la Croix

 

(° P.Schneidesch) (2006):

1) La grotte de Kaschbour

En l’an 1892, se trouvait à Hachy une famille fort chrétienne, composée du père Georges BOURTON,  originaire de Thiaumont, tailleur à Hachy et de son épouse Catherine FURST, originaire de Hobscheid (G-D. de Luxembourg).

Tous deux travaillaient ardemment pour élever décemment leur famille; Madame Bourton devait faire souvent le chemin Hachy-Thiaumont et, par conséquent, traverser le bois de Kaschbour au lieu-dit  » Mauvais passage « , ce qui lui occasionnait chaque fois une terreur sans bornes.

Elle sollicita le secours de la Très Sainte Vierge et fit le vœu de faire poser une petite chapelle à un arbre.

A partir du jour où la promesse fut accomplie, sa frayeur disparut et elle traversa toujours le bois, la joie au cœur.

Cette chapelle, abritant la Vierge, médiatrice de toutes les grâces, entourée de deux angelots, très honorée par les passants, resta accrochée au gros chêne jusqu’à la guerre de 1914, pendant laquelle elle tomba de vétusté.

En bordure de la grand-route de Habay-la-Neuve à Heisch, au lieu dit  » Kaschbour « , un charmant  bosquet accueille le voyageur. Un gros chêne portait une petite chapelle abritant une statuette de la Sainte Vierge, honorée depuis de longues années en ce lieu par de nombreux passants. Pendant la guerre de 1914, le garde forestier Julien Peiffer, de Sampont, trouva la petite chapelle cassée au pied de l’arbre. Il l’a confia à Pierre Magnette, un vieux célibataire habitant sur la route à un kilomètre du bois.

Ce dernier conserva la petite chapelle durant plusieurs années.

 » En 1930, par une belle matinée d’avril, alors que je rendais visite à ma mère malade chez ma plus jeune sœur qui habitait Lottert, je vis la disparition de la petite chapelle. Mon plus ardent désir fut alors de la remplacer afin que de nombreux Ave puissent encore être récités à cet endroit. Le lendemain, je vis le garde forestier et lui exprimai mon désir. C’est avec joie qu’il me donna la permission tant désirée. Aussitôt je fis réparer la niche. Dans ma chambre à coucher, je vénérais une statuette de ma sainte patronne, Notre-Dame de Lourdes, et une Sainte Bernadette. Les deux vont trouver place dans la chapelle. Mon plus cher désir eût été de remplacer la petite chapelle pendant le mois de mai; seulement des pluies continuelles m’empêchèrent de mettre mon projet à exécution. Enfin, le 24 juin, ma décision fut prise: ce sera pour aujourd’hui. Je regardai une dernière fois la statuette de la Sainte Vierge en disant : » maintenant, tu vas m’abandonner pour demeurer seule dans le bois « . Malgré un ciel encore menaçant, accompagnée de mon mari et de ma petite-fille, âgée de cinq ans, je me mis en route vers Kaschbour avec la petite chapelle. A peine hors du village, un orage terrible éclata. La petite se serra contre moi en disant :  » j’ai peur! N’est-ce pas, grand-mère, il ne nous arrivera rien puisque nous transportons la Sainte Vierge et Sainte Bernadette? « . Brusquement, le ciel s’éclaircit. Sur la grand-route, nous rencontrâmes le cantonnier, Monsieur Jules Deville, natif de Hachy et demeurant à Habay-la-Neuve, qui nous demanda si nous transportions la chapelle dans notre petit chariot. Sur notre réponse affirmative, il se réjouit d’avoir abandonné son travail à Habay pour se retrouver parmi les cinq pèlerins suivants: Jules Deville, Pierre Magnette, Théodore Floener ( mon mari ), Léa Simon et moi-même. Nous suspendîmes donc la chapelle à l’arbre et, depuis ce jour, la  Sainte Vierge est à nouveau vénérée en cet endroit « .

Le 18 mars 1932, une petite fille de neuf ans fut terrassée par une maladie incurable :  elle était empoisonnée et n’avait plus que quelques jours à vivre.

Les médecins prétendaient qu’il restait une chance sur mille de la guérir par une opération.

Le 22 mars, à huit heures du soir, conduisant la petite à l’hôpital Saint-Joseph d’Arlon, des amis passent en voiture devant la chapelle et firent le vœu pour cette enfant, qu’en cas de guérison, ils viendraient honorer la Sainte Vierge et orner constamment le pied de l’arbre.

La petite malade, dans ses épouvantables souffrances, acquiesça par une faible oui.

Dix-neuf jour après l’opération, ils quittent l’hôpital en compagnie de l’enfant qui n’était pas complètement guérie et avait encore besoin des soins des médecins. En  repassant devant l’arbre richement paré pour invoquer la Vierge, ils retrouvent des parents et une sœur qui priaient pour la guérison de la petite malade. Tous ensemble, ils invoquèrent la bonne Vierge. Leur prière fut exaucée et le miracle s’accomplit car à partir de ce moment l’état de santé de la petite s’améliora constamment, si bien qu’au mois de mai, les parents la menèrent dans une voiture d’enfant à Kaschbour et là, au pied de l’arbre, remercièrent la sainte Vierge pour la grâce généreusement accordée.

Seule rescapée sur cinq cas identiques, la petite fut la seule à conserver la vie.

Chaque dimanches, ils allèrent en pèlerinage à Kaschbour afin de déposer aux pieds de la Vierge leurs prières et reconnaissance.

Au mois de mai, les parents purent mener leur fille, dans une voiture d’enfant, à Kaschbour.

Ils firent de même chaque dimanche.

A dater de ce moment, la vénération de la Sainte Vierge grandit en ce lieu; certains dimanches les pèlerins affluèrent par centaines pour la récitation du chapelet et le chant des cantiques. Ainsi, la dévotion à la Sainte Vierge prit une ampleur sans cesse grandissante pour la plus grande joie de Dieu.

En mai 1933, les pèlerins demandèrent à Mme Floener-Jeanty de prendre la direction des collectes en vue de la construction d’une grotte ou d’une chapelle. Le 3 mai 1933, on plaça un tronc pour la première fois.  Tous les jours elle recueillait les petits présents tout en priant la Sainte Vierge de l’aider à vaincre les nombreuses difficultés qui allaient surgir sur son chemin. Le 23 juillet de la même année, la somme récoltée était de 410 francs. C’est alors que la décision fut prise de construire une grotte. Dès ce moment, les sons ne cessèrent d’affluer de toutes parts. Monsieur Mathias Oth de Sampont mit gracieusement 62 m³ de pierre à  disposition. Avec un ensemble touchant, les cultivateurs de Hachy et des environs se mirent bénévolement à son service pour amener les pierre à pied d’œuvre.

Ceux qui ne disposaient pas de cheval chargeaient et déchargeaient les pierres. Restait à acquérir l’emplacement. Le conseil communal de Hachy marqua son accord et monsieur Julien Peiffer, toujours serviable, en limitant le plus possible les dégâts, mesura la place avec son collègue, Monsieur Laforet, de Thiaumont. La statue de Notre-Dame de Lourdes fut offerte par Madame Catherine Peiffer de Hachy et celle de Bernadette par une famille de Hachy également.

A partir de ce jour, les dons se multiplièrent rapidement, si bien que le 22 mai 1934, chacun pu assister à la pose de la première pierre par Monsieur le curé Nicolay. La construction de la grotte dura jusqu’au mois d’août. Le 12 août 1934 eut lieu la splendide bénédiction de la grotte par Monsieur le curé Nicolay, assisté par des prêtres des paroisses voisines. Quelle belle cérémonie! Un long cortège précédé des enfants porteurs de fleurs et de guirlandes se rendit à la grotte. Les élèves des chères sœurs de Thiaumont furent surtout remarquées par l’exécution impeccables de beaux cantiques. Des centaines de personnes communièrent dans une même pensée d’amour et de reconnaissance envers la Vierge. Un magnifique sermon, suivi par le chant du Magnificat, clôtura cette inoubliable cérémonie et chacun s’en retourna après avoir imploré la protection de la Sainte Vierge sur la grotte et sur les familles.

Au mois de mai 1937, vint l’idée de la source. Un peu plus haut que la grotte, on découvrit une source assez forte et, après de pénible travaux, ils parvinrent à la guider au pied de la grotte où elle forma un magnifique jet d’eau, honorant la Sainte Vierge et Bernadette. Longtemps après, suite à des travaux forestier, le captage de la dite source fut dévié et le jet se tarit.

Le 11 septembre 1937; Monsieur le curé Nicolay bénit la source après avoir ajouté de l’eau bénite de Loudes, de Banneux et de la fontaine Saint Dominique. Monsieur l’abbé Stoffel, alors curé de Sampont, servit aux nombreux pèlerins un beau sermon de circonstance, clôturé par les invocations enthousiastes de Monsieur l’abbé Schadeck, curé de Vance. Et voilà l’œuvre accomplie. Depuis le mois de mai 1933, pratiquement chaque jour, Mme  Clesse, la  soeur  de Mme Floener se rendit à pied à la grotte, s’occupa de l’entretien, priait pour les bienfaiteurs de la grotte et leur famille ainsi que pour la conversion des pécheurs endurcis du monde entier,  récupérait les restes des bougies pour les refondre et ce jusqu’à un âge plus qu’avancé.

A partir du 10 mai 1940, les troupes motorisées allemandes, attaquant la Belgique, déferlèrent sur la grand-route pendant douze jours et douze nuits.

Devant la grotte, pas une fleur ne fut dérangée.

Jusqu’au 9 septembre 1944, jour de la libération du village de Hachy, la Sainte Vierge étendit son manteau tutélaire.

Ce 9 septembre,des troupes allemandes s’étaient camouflés dans le bosquet près de la grotte.

Des avions américains les attaquèrent vigoureusement pour les déloger et trois allemands restèrent étendus  devantlagrotte.

La route fut arrachée, les arbres autour de la grotte eurent les branches déchiquetées par les balles des avions.

Seuls l’arbre à la petite chapelle et la grotte ne furent point touchés; pas une fleur ne fut endommagée.

Depuis le 9 septembre jusqu’à la fin de la guerre, le 8 mai 1945, les troupes américaines passèrent en  masse devant la grotte et honorèrent la Sainte vierge Marie.

Chaque année, une messe se déroule dans l’après-midi du premier dimanche de septembre; la dernière grande cérémonie se déroula sous la tutelle de Monseigneur Musty, évêque coadjuteur, accompagné de Monsieur le Curé Leveling et de nombreux autres prêtres lors de célébration du cinquantième anniversaire de la grotte, en 1984.

Rares sont les moments où la grotte n’est pas éclairée par quelques bougies, témoignage du nombres imposants de pèlerins de passage ou d’habitués qui s’arrêtent quelques moments pour converser avec notre Sainte Mère.

2) Le pensionnat Saint Joseph :

Après la fermeture du pensionnat de Beauregard par l’autorité prussienne le 20 août  1874, les frères vinrent se fixer à Longuyon pour une période de trente ans.

Le 15 juillet 1904, sur décret d’Emile Combes, président du conseil français, la    signification d’avoir à fermer était faite au frère Directeur.

Les Maçons jalousaient la prospérité et les triomphes des écoles chrétiennes qui furent décrétées d’accusation. Les supérieurs choisirent encore une fois l’exode pour sauver les religieux très décidés à garder leur saint habit et leurs coutumes séculaires.

Frère Arnaud Marie partit sur les routes pour découvrir le gîte de demain. Il allait connaître la Belgique, terre hospitalière et infirmière pour toutes les infortunes politiques. Il battit d’abord les confins de la frontière, s’enfonça ensuite sans trop quitter les voies ferrées qui permettaient l’accès au nouvel établissement. Il fallait découvrir un terrain vaste, sec, abrité, déjà bâti pour recevoir les premiers réfugiés et le contenu de quinze à vingt wagons et prêt à être cédé à un prix qui ne soit pas hors de pair, assez distant de toute autre maison d’éducation belge. Enfin, à Hachy, à l’extrémité nord du village assez  perdu dans les terres, il jeta son dévolu sur une ferme, joli bâtiment avec ailes pour le bétail d’un côté, granges de l’autre et sept hectares y  attenant.

Le propriétaire vendit donc sa ferme au frère Marie qu’il prit pour le fermier de Monsieur Cailletaux de Longuyon; un fonctionnaire de la mairie voulut même l’enrôler dans le parti anticlérical. L’ahurissement du pauvre homme retrouvant un jour ledit fermier en robe et rabat blanc !

Les paysans de Hachy étaient tout éblouis de voir un jour arriver de la station de Fouches tout ce matériel; on disait qu’il y en avait pour des millions et des millions.

Le peuplement ne cessa de croître : de cent cinquante pensionnaires la première année, on passa à  deux cent nonante-sept à la veille de la guerre. Ces chiffres sous-entendent que, d’année en année, de nouvelles constructions s’imposaient. En 1914, le pensionnat hospitalisa d’abord cent vingt orphelins de guerre puis servit de lazaret allemand pendant les quatorze derniers mois.

L’année scolaire 1937-1938, on comptait un chiffre record de quatre cent trente élèves.

C’est grâce au pensionnat que Hachy disposait d’un point d’arrêt du chemin de fer. A chaque trimestre, un train spécial s’arrêtait à Hachy pour embarquer, puis débarquer le flot des étudiants partant, voire revenant de congé.

En 1940, le pensionnat Saint-Joseph achevait, sans déclin, son exil de trente-six ans et ses élèves retrouvaient les frères en France pour continuer leur éducation.

Frère Etienne ( économe ) et deux autres frères restèrent avec un domestique (Justin ) jusqu’en 1954, attendant douloureusement la vente de l’immeuble à la Commune. En 1964, on termina la démolition de la plupart des édifices ( environ 4/5° )

3)  Scène de la vie paroissiale en 1628

Hachy, le 22 novembre 1628

 Il arriva à  Hachy par l route de Vance, un lundi, un peu avant dix heures, alors que le soleil n’avait pas encore traversé l’épaisse couche de nuages .

Il marchait d’un pas assez rapide, un bâton à la main et une besace accrochée à l’épaule.

A l’entrée du village, un chien aboya une fois ou deux, sans insister.

Une femme, qui était sortie sur le pas de sa chaumière, s’étonna que ce colporteur ne se soit pas arrêter chez elle.

Il avait passé la soirée du dimanche chez un cultivateur de Vance, entouré de deux ou trois familles; devant le feu ouvert, il avait raconté des histoires très ancienne, montré des images, répondu à des questions parfois graves, parfois naïves ; ensuite, on l’avait laissé aller dans la grange où il avait dormi, dans la paille, ainsi qu’il en avait, une fois de plus, exprimé le souhait.

Le matin, il avait mangé une tranche de pain de seigle, puis il avait offert une image particulièrement admirée la veille  au soir ; il avait lu un peu plus d’une heure, terminé en marmottant : enfin, ayant refermé son texte, il avait repris la route.

Il avait laissé entendre qu’il pourrait, peut-être, revenir un jour. Tantôt, il avait croisé un voiturier qui conduisait  du charbon de bois vers le sud.

Sans hésiter, il pousse la barrière qui ferme l’enclos paroissial, il entre dans l’église après avoir vérifié le fonctionnement du mécanisme de fermeture de la porte, puis il se dirige vers le choeur…

Le bruit d’un attelage le fait revenir vers l’entrée.

Il salue les deux arrivants et, pendant que l’un d’eux attache les chevaux, ils échangent quelques mots sur l’emploi de leur temps depuis qu’ils se sont quittés, la veille, à Vance.

Apercevant à une cinquantaines de mètres de là le curé de l’endroit, Messire Warnach, qui arrive, les deux visiteurs pénètrent dans l’église, laissant au Père Cusaneus le soin de le rencontrer le premier.

Et, comme le jésuite, une demi-heure plus tôt, ils vont se prosterner devant le tabernacle.

On reconnaît maintenant Sire Julien Foncell; il est docteur en théologie; c’est lui qui, pour le moment est le curé d’Arlon; agenouillé également, un peu en retrait, Sire Jean Antoine, curé d’Orgeo.

La compétence de nos trois visiteurs est grande et l’étendre de leurs pouvoirs ne l’est pas moins moins.

Qu’on en juge : les deux premiers, on le sait déjà, sont des spécialistes en théologie; ils ont notamment étudié la morale et le dogme, c’est à dire ces choses que les prêtres disent qu’il faut faire et croire pour se conformer à la volonté divine; le troisième, le curé d’Orgeo, est notaire ecclésiastique et impérial; cela signifie qu’il est habitué à dresser des actes aussi bien civils que religieux et à en garantir l’authenticité.

Ils sont en possession d’un mandat signé et scellé par Jean Greiffenclauw a Wolratz, chanoine du Chapitre et révérend archidiacre du titre de Sainte Agathe de Longuyon qui leur donne les pleins pouvoirs pour accomplir leur mission : visiter toutes les paroisses de l’archidiaconé et leurs infrastructures, repérer tous les abus qui y ont été commis, trouver les responsables, réprimander les coupables, infliger des pénitences ou des amendes et même fulminer l’excommunication.

Le Gouverneur et les gens du conseil du Roi, à Luxembourg, ont accordé à Julien Floncell, l’autorisation qu’il a dû solliciter pour mener son enquête.

A ces pouvoirs dont sont revêtus nos trois visiteurs, il convient d’ajouter une solide expérience acquise, peut-on dire, sur le terrain ; en effet, ils ont déjà terminé l’inspection des quatre doyennés  » wallons  » de l’archidiaconé et ils viennent d’entamer celle des trois autres dont la majorité est germanophone, à savoir ceux de Luxembourg, Mersch et Arlon.

Ils mettent fin à leurs dévotions et salue Messire Henrich Warnach qui est venu les rejoindre dans l’église; celui- ci, on le sait, est curé de Hachy depuis 1596; pour le moment, il est également responsable du doyenné d’Arlon; devenu  » doyen rural « , il a conservé sa cure où il est inamovible et où de droit, il sera inhumé.

Et tandis qu’ils entreprennent tous les quatre de faire le tour de l’église, le curé signale que le patron de l’église est Saint-Amand, évêque et confesseur.

Le synode ( le conseil de fabrique ) ajoute t’il, comprend sept marguilliers; chacun est nommé à vie par le curé et par les autres marguilliers.                                                                                               

Le marlier ( chantre-sacristain ) lui,n’est pas nommé à vie; son office est renouvelable tous les ans; il est désigné par le curé et ses synodaux. A ce sujet, il faut signaler que, lors de son élection ou de sa réélection, il est presque forcé de verser deux florins d’or aux synodaux.

Les visiteurs estiment que cette pratique est abusive et donc qu’elle doit cesser. Ils le signalent tout à l’heure aux marguilliers.

Ceux-ci, prévenus de la visite, ne vont certainement pas tarder à arriver.

Il n’y a rien, semble t’il, à signale en ce qui concerne le banc de communion; le pavé de l’église est en bon état, le plafond également. Ils s’accordent pour constater qu’il n’y a aucune trace d’humidité qui proviendrait de la toiture ou d’une fenêtre cassée.

Ils s’arrêtèrent devant chaque statue et signent celles qu’il conviendra de restaurer; d’autres devront obligatoirement disparaître. Le curé n’émet aucune objection; au contraire, il ne sera pas fâché de pourvoir invoquer une autorité autre que la sienne, et, qui plus est, supérieure. Restant chaque fois un peu en arrière, il entreprend, sans retard, de retirer de leur socle les quelques statues promises à la destruction et des les rassembler, en évidence, près de l’entrée. Ce début d’exécution, outre qu’il ne doit nullement mécontenter les visiteurs, est destiné à mettre deux ou trois synodaux, lorsqu’ils arriveront, devant le fait accompli.

Aucun des trois visiteurs ne demande ce que contiennent tous les coffres qui encombrent les passages mal éclairés, sur les côtés; sans aucun doute, pensent-ils, du blé, de la laine ou du lin, ainsi qu’ils ont pu le constater en d’autres églises inspectées précédemment; et, parfois, il est vrai, des accessoires du culte, destinés à quelques cérémonies récurrentes, accessoires présents dans quelques caisses, vers lesquelles ( fallait-il sourire ou s’indigner ?) les avaient dirigés en premier certains curés.

Ils se contentent de faire remarquer au curé Warnach que la plupart ne sont certainement pas à leur place dans la maison du Seigneur, et , qu’en conséquence, il conviendra de les transporter en des lieux plus profanes.

L’éclairage de l’église est jugé nettement insuffisant; c’est pourquoi, disent-ils, il faudra percer deux fenêtres: l’une au-dessus, l’autre en dessous du jubé.

Les fonds baptismaux ayant été ouverts, les visiteurs examinent si ceux-ci sont bien en pierre, si l’eau bénite est propre; Interrogé, le curé s’empresse de déclarer qu’il en bénit tous les ans, le Samedi Saint. Il ne peut citer aucun cas précis où l’eau distribuée aurait été consommée à titre de médicament; il fait part de la même incertitude  en ce qui concerne un usage superstitieux de cire pascale.

L’eau des bénitiers, en principe, est renouvelée assez souvent, sans doute…

Tandis qu’ils reviennent vers le chœur, Juan Floncell, qui s’est rapproché du curé, lui fait remarquer qu’il conviendrait de nettoyer plus souvent l’intérieur des bénitiers. Puis, il lui demande qui il a comme confesseur; s’il se confesse chaque mois; quand il s’est confessé pour la dernière fois; s’il lit régulièrement son bréviaire; quel est le contenu de la lecture d’aujourd’hui, d’hier.

Il l’interroge également sur sa façon de porter le Vénérable Sacrement aux malades, aux infirmes; s’il prend toujours soin, en pareille occurrence, de se faire précéder d’une lanterne allumée et d’une clochette agitée; et, lorsque le Vénérable Sacrement est transporté, s’il veille toujours à laisser sinon plusieurs, à tout le moins une hostie proposée à l’adoration des paroissiens qui pourraient visiter l’église; de même, s’il en conserve toujours au moins une, aux mêmes fins d’adoration par les fidèles, sur le chemin du retour; il lui demande encore à quelle date il brûle les huiles anciennes.

Tandis au’à l’arrière, le Père Cusaneus et le Curé d’Orgeo examinent la chaire de vérité, le confessionnal, les bacs et les intervalles – un brin de paille par-ci, un trognon de pomme par là, Juan Floncell s’intéresse de plus près à l’autel; il s’est assuré à nouveau de la présence d’une croix au centre, de deux chandeliers de chaque côté. S’étant fait remettre l clef, il emprunte le petit escalier qui permet d’accéder au tabernacle. Le système de fermeture fonctionne bien; l’intérieur est tapissé d’un linge propre; flairé, il ne révèle aucune odeur suspecte. Le ciboire est jugé digne de sa sainte fonction; le visiteur l’ouvre et s’assure, en les touchant, que les hosties consacrées sont récentes. L’escalier mobile, est stable,; il permet de monter et de descendre dignement.

Pendant cet examen qui demande un certain temps, le curé, trousseau de clés en main, s’est mis à converser avec le jésuite et son confrère.  Les entraînant vers la sacristie, il leur apprend qu’il y a trois patrons-collateurs ; le Seigneur Maréchalet Baron de Créange, Seigneur de Hollenfeltz ( Grand-Duché de Luxembourg); ensuite, Gabrielle d’Ardress, dame de Fricamp, qui, pour le moment réside à Audun-le-Tiche ( France ); enfin, Karl von Daun, Seigneur de Sassenheim, ou son héritier. Ce sont eux trois qui, d’un commun accord, ont présenté sa candidature à l’évêque lorsque la cure est devenue vacante; il communiquera, tantôt, au presbytère, son acte de nomination lequel, comme le placet qu’il obtenu  auprès du Conseil de Luxembourg, date de 1596.

Lui-même touche un tiers des dîmes.

Bien qu’ayant parfois l’occasion, poursuit-il, de rencontrer de savante personnes

s’occupant d’histoire., il ignore de quand date la paroisse; certains émettent l’hypothèse d’une origine postérieure au VII° siècle.  Ils évoquent le plus souvent la période carolingienne.

Le Père Cusaneus qui a remarqué avec plaisir que la sacristie est propre, bien éclairée et surtout qu’il y fait nettement plus chaud que dans l’église, est également de cet avis. Il parle de l’existence probable d’une chapelle ou d’une petite église, avant le XI° ou XII° siècles. Peut-être que certains documents, un jour…                                                                                                                                                 

 

Revenant du chœur, Juan  Floncell interrompt cette savante conversation qui s’est prolongée par quelques généralités, par l’évocation des malheurs qui se sont  abattus sur a région depuis plus d’un millénaire…: la peste, les famines, les guerres…, les morts, les destructions, …, ls documents dispersés, détruites, brûlés… Il signale au curé qu’un homme, vraisemblablement un des synodaux, vient d’entrer dans l’église, qu’il entendra ceux-ci sitôt l’inspection de la sacristie terminée; il lui propose de le rejoindre au presbytère dans une petite heure. Lui  et ses deux adjoints acceptent volontiers son invitation à dîner. Après, ils ne s’attarderont  pas trop, car ils ont  projeté de visiter la paroisse d’Anlier dans l’après-midi et, sur le chemin du retour, celle de Habay-la-Neuve.

Pendant qu’il entreprend l’inspection de la sacristie, le curé, qui a jeté un coup d’œil vers le fond de l’église, fait remarquer qu’il n’a guère à se plaindre de ses paroissiens; encore que …

La conduite des jeunes gens et des jeunes filles est ce qu’elle est dans la région, on pourra en reparler tout à  l’heure. Aucun cas grave d’inconduite n’est à signaler; il y a bien eu, récemment, des bruits qui ont circulé  au sujet d’incidents qui seraient survend,u dans une grange lors du dernier pèlerinage à Avioth mais, renseignements pris, il ne s’agissait pas de gens de la  paroisse.

Le cas le grave à signaler est celui d’un certain Rogier, le tenancier de la Grange Philippe : à l’époque de Pâques, il ne s’est pas confessé à son curé, il ne lui adresse pas la parole, il ne fréquente l’église ni dimanche, ni jours de fête; de plus, il ne s’acquitte d’aucune de ses redevances envers le curé ou le sacristain.

Au sujet précisément du sacristain …, celui-ci se plaint de ne recevoir que cinq sous de chaque paroissien;  et, avec cela, de devoir approvisionner l’église en hosties, vin, sel, etc. Il demande que chacun lui verse un sou de plus ou alors que la fabrique d’église lui accorde un supplément.

Le jour de leurs noces, les fiancés et fiancées viennent à l’église pour assister à la messe; tout se passe de façon très digne, très sérieuse.

Juan Floncel, aidé du Père Casaneus, interrompt parfois les examens auxquels il se livre pour demander au curé l’une ou l’autre précision; c’est ainsi qu’il apprend, par exemple, que celui-ci n’accompagne jamais les pèlerinages à Avioth. Puis il poursuit son inspection; inspection du calice, des patènes, de l’ostensoir et des linges sacrés; si les purificatoires ont une croix au milieu, si les corporaux en ont quatre aux quatre coins, s’ils ont été bénits par l’évêque; si les ornements sacerdotaux sont en bon état, bien rangés, à l’abri de l’humidité, à l’abri du vol, dans un coffre bien fermé, etc….

Tous quatre quittent alors la sacristie; le curé invite les synodaux à s’avancer; avant de se retirer, il les présente aux trois visiteurs.

Juan Floncel leur demande de s’asseoir sur les bancs et, sur un signe, invite le Père Casaneus à leur rappeler brièvement l’objet de la visite. Celui-ci commence par leur dire qu’au cours d’une longue période qui a précédé, il y a eu des abus dans l’église, des désordres; l’hérésie a fait un progrès; aucun, grâce soit rendue à Dieu, dans la région, mais dans d’autres pays.

L’Eglise a entrepris de se réformer, notamment au cours d’un grand concile qui s’est tenu le siècle dernier. Eux, synodaux de Herzig ( Hachy ), vont participer à cette réforme. Ils vont devoir prêter serment puis signaler tout ce qui ne va pas dans la paroisse. Leur témoignage doit être complet; leurs déclarations seront mises par écrit par sire Jean Antoine, notaire apostolique et impérial. Ils seront entendus par groupes de deux ou trois.

Les deux premiers interrogés signalent qu’il y a, dans la paroisse, deux ménages  » qui ne vont pas  » : Peter Wagener et son épouse, Peter Thielen et la sienne se disputent continuellement; la situation est telle qu’on peut dire qu’ils vivent comme séparés.

Le fils de Peter Wagener, ainsi que sa femme d’ailleurs, persécute son beau-père, le traite de façon indigne; au cours d’une querelle, il a même fait tomber son propre père. Et l’on n’en finirait pas si l’on voulait tout raconter sur cette famille; Ce sont des gens très pauvres, qui vivent de mendicité.

On n’a jamais rien entendu dire au sujet de la conduite du curé. Oui, ce qu’il a dit est exact : il y en a beaucoup qui n’assistent pas à la messe quand un jour de fête tombe un jeudi; et cela s’explique facilement : beaucoup vont vendre à Arlon des produits de leur élevage ou de leur culture;c’est leur seule source de revenus. Ce jour-là, le curé célèbre la messe à une heure trop tardive. Quand on sait qu’il faut deux heures pour aller à Arlon, on comprend que si l’on part trop tard, quand on arrive, la plupart des acheteurs sont déjà repartis.

Les deux autres confirment ce qu’on dit les premiers. Tous les dimanches, après Vêpres, le curé donne une leçon de catéchisme aux enfants. Il ne manque pas de prêcher chaque dimanche. Tous les jours, matin, midi et soir, on sonne la salutation angélique.

Un des coffres contient des ossements humains exhumés il y a des années.

On est content du curé; on ne lui reproche qu’une chose : la célébration trop tardive de la messe certains jours de marché.

A l’écoute des trois autres, on apprend que le curé n’accompagne pas les pèlerinages paroissiaux, notamment à Avioth.

Il y a quelques année, une femme du village a été suspectée de la lèpre; on l’a envoyée à Trèves pour y subir la preuve ordinaire; elle a été reconnue exempte de maladie. Et ne voilà t’il pas qu’elle se remet, à nouveau, à ré »clamer ses frais de déplacement à la communauté !

Quelque chose de particulier : un paroissien, Michel Lamers, loue régulièrement un pré pour trente dalers; c’est un petit pré qui ne donne annuellement que deux charretées de foin; or chacun sait qu’une charrette de foin ne vaut pas plus de deux dalers. Alors… Un silence s’ensuit. Ils ont dit ce qu’ils avaient à dire; de plus, ils attendent peut-être une explication concernant cet insolite bail. J.Floncell se fait répéter le calcul. A première vue, cette location ne lui paraît pas suspecte; son conseiller jésuite, interrogé du regard, se borne à hausser interrogativement les épaules.

Ayant remercié leurs informateurs, les visiteurs gagnent le presbytère proche. Dans la Stuff ( salon ), le curé qui s’affaire à remettre une bûche sur le feu vient d’indiquer à son confrère d’Orgéo un endroit où il pourra prendre quelques notes avant le dîner. Celles-ci, on le sait, serviront à rédiger le procès-verbal de l’inspection.

 

Hersaeum 22. Novembris. Locum persinnaliter accessimus… Ad communes defectus hic etiam non parum regnantes ordinatum ut in fine actorum.

 

Le même jour, aux alentours des Vêpres, les trois visiteurs étaient accueillis par le curé Henri Grandjean ( curé à Anlier ) et vers la septième heure, rencontrairent son vicaire, un certain Gérard, à Habay-la-Neuve.

 

4) La nouvelle église.

Le samedi 2 octobre 1926,  l’évêque du diocèse, Monseigneur Heylen, procède à  la consécration de la nouvelle église.( rappelez-vous, en 1910, le même évêque consacrait l’église de Habay-la-Neuve )

5)  Les différents curés ayant officié à Hachy :

– M. Warnach Henri : 1596-1636 ( également doyen rural du décanat d’Arlon, et par de fait a     conserver sa cure de Hachy)

……….

– M. Arend : 1903

– M. Ensch : 19  – 1928

– M. Nicolay Pierre : 1928 – 1939

– M. Bestgen : 1939 – 1955

– M. Leveling : 1955 – 1990

– M. Lecomte : 1990 – 1997

– M. Mareck : 1997 – 1998

– M. Greng Woiteck : 1998 – 2008

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7) Prêtres et religieux issus du village :

– Abbé Peiffer

– Abbé Tockert ( 1° messe 9/8/1903 )

– Frère René Schiltz ( Mariste )

– Soeur Alix Schiltz ( missionnaire au Congo )

– Père Pierre Lommel (missionnaire au Congo )

– Sœur Marie-Thérèse Lommel ( martyr au Congo)

– Frère Lucien Koob

– Sœur Marie Claire Kler

– Abbé Patrick Graas)

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